© Julia Andréone

L'Expansion

Date : 2021
Technique : Passiflore / Passiflora caerulea, Chèvrefeuille du Japon / Lonicera japonica, Bryone dioïque / Bryonia dioica, Cuscute du lin / Cuscuta epilinum
Courtesy : Courtesy de l’artiste et C L E A R I N G New York/Brussels

L’installation L’Expansion de Marguerite Humeau recouvre les murs de la cour de plantes grimpantes, qui évoquent la violence faite à l’autre.


Ainsi, le chèvrefeuille du Japon ou la bryone dioïque poussent très rapidement en s’accrochant ou en s’enroulant autour de leurs voisines, ce qui peut parfois les étouffer. Elle met aussi en lumière d’autres formes d’agressivité, comme l’extraction d’une plante de son environnement naturel. La passiflore symbolise cette violence colonisatrice. Elle a été découverte en Amérique du Sud par les missionnaires chrétiens espagnols avant d’être rapportée en Europe au XVIe siècle et rebaptisée « fleur de la Passion », car elle évoquait, dans la pensée religieuse, le récit de la Passion du Christ. Ses filaments font notamment écho à la Couronne d’épines.

© Julia Andréone

Carnet de production

La Fondation conserve et documente les traces des œuvres à différents stades de leur réalisation (esquisses, maquettes, prototypes, etc.).
Les plantes, sculptures naturelles
L’idée était de regarder des plantes comme des sculptures en soi, qui représentent soit littéralement des parties du corps humain, soit de manière plus indirecte des parties de nos êtres.

Marguerite Humeau

16 décembre 2020
La théorie des signatures
Dans ce projet, l’idée était d’utiliser principalement des plantes, et en tant que sculptrice, j’étais intéressée par leur forme, leur dynamique, leurs couleurs, leur esthétique et ce qu’elles évoquent.

Marguerite Humeau

31 juillet 2020
La communication végétale
[Je m'intéresse aussi] à la puissance de la communication entre les végétaux qui s’alertent mutuellement sur des dangers imminents. Certains humains semblent avoir développé les mêmes types de relations et de présence au monde. Pourrait-on encourager chez l’humain des formes de sensibilité développées par les plantes ? Des connexions invisibles et intangibles qui créeraient des faisceaux de solidarité et d’empathie ?

Marguerite Humeau

30 juin 2020
Les plantes indicatrices
Certaines plantes qu’on appelle « mauvaises herbes » nous révèlent avec une extrême précision ce que la terre contient et le moment où elle s’épuise. [...] En termes de sculpture, je les associe à de grands sages qui nous raconteraient leurs visions.

Marguerite Humeau

31 mai 2020
Le surface horizon
[Le titre de l'exposition] est à la fois scientifique et poétique. J’ai découvert le surface horizon en étudiant les sols. J’ai spéculé avec l’aide de différents experts sur l’endroit où les êtres invisibles et en marge, nos fantômes, pourraient habiter aujourd’hui. Où naissent-ils ? Où meurent-ils ? La première couche du sol est l’horizon organique, celle que l’on voit quand on se promène dans la nature. C’est là que se déposent les êtres qui meurent. Le surface horizon se trouve juste sous cette couche. C’est l’endroit où les morts se transforment en vivants. L’idée d’un surface horizon génère des potentiels infinis.

Marguerite Humeau

30 avril 2020
Les mauvaises herbes
Tout a commencé l’an dernier. [...] Pendant le confinement, j’ai eu l’impression qu’on nous avait enlevé le temps, et surtout le futur puisqu’il devenait impossible de se projeter. Je me suis donc demandé si les êtres auxquels j’avais envie de m’adresser, ceux que je voulais ressusciter, faire revivre et rendre visibles, étaient peut-être finalement ceux qui se trouvent sous nos pieds. Des êtres qui se sont éteints, comme certaines mauvaises herbes qu’on pousse dans les marges, ou qui ont disparu de nos paysages mentaux.

Marguerite Humeau

31 mars 2020
L'imaginaire de Marguerite Humeau

De multiples sources d'inspiration ont nourri le projet de Marguerite Humeau. A la croisée de la botanique, de la médecine, de la biologie et de l'art, ce sont quelques pistes de réflexion à découvrir ici pas à pas.

Marguerite Humeau s'est entourée de spécialistes de différents domaines (botanistes, cueilleur·euse·s et guérisseur·euse·s). Ces rencontres se sont enrichies de lectures dont voici les références :

  • Pierre Lieutaghi, Le Livre des bonnes herbes, Arles, Actes Sud, 1996.
  • Danièle Ball-Simon, Piotr Daszkiewicz, L’héritage oublié des signes de la nature. La loi des signatures, Paris, Les Deux Océans, 1999.
  • Gilles Clément, Eloge des Vagabondes, Paris, Nil Editions, 2002.
  • Julia Graves, The Language of Plants: A Guide to the Doctrine of Signatures, Hudson, SteinerBooks, 2012.
  • George Oxley, La Fleur au fusil. Nutrition, santé, climat : la science des plantes sauvages pour sauver l'homme, Paris, Alternatives, 2016.
20 mars 2020