Lenio Kaklea, lancement " Encyclopédie pratique. Détours "

Lenio Kaklea s'entretient avec Elisabeth Lebovici.
Depuis 2016, la chorégraphe Lenio Kaklea recueille les pratiques des Européen·ne·s. En empruntant les rues et les chemins d'Athènes, Aubervilliers, Essen, Guissény, Nyon et Poitiers, elle a rassemblé près de 600 récits singuliers.
Cette collection témoigne de la familiarité et de la diversité des habitudes, des rituels et des métiers qui composent et distinguent ces territoires. De la chasse au maquillage, en passant par l'oisiveté ou la zumba, Encyclopédie pratique. Détours donne à voir un paysage contrasté où se croisent différentes manières de se mouvoir dans le monde. En transcrivant la voix de ces acteur·rice·s, la chorégraphe compose une œuvre épique à partir de notre relation intime au mouvement et nous invite à considérer l'espace où le sujet se construit dans l'action. À travers cette publication multilingue (français, allemand, grec, anglais) Lenio Kaklea situe le travail du studio de danse vis-à-vis des lieux, des gestes et des relations qu'elle a explorés.
 
Encyclopédie pratique - Détours est publié par les presses du réel, Paris.
Rencontre
Lafayette Anticipations
jeudi 13 févr. 2020
de 19h30 à 21h


Entrée libre


Participants

Lenio Kaklea est une danseuse, chorégraphe et écrivaine née à Athènes, en Grèce. Elle vit et travaille aujourd'hui à Paris.
Jeune danseuse, elle étudia au Conservatoire National de Danse Contemporaine d'Athènes (SSCD), où elle se forme au ballet classique et aux techniques et répertoires modernes américains tels que Martha Graham, Merce Cunningham et Jose Limon. En 2005, elle reçoit le Prix de la Fondation Pratsika et s'installe en France, où elle étudie au CNDC d'Angers (FAC) et commence à collaborer avec des personnalités de la scène européenne de la danse conceptuelle telles que Boris Charmatz, Alexandra Bachzetsis, Claudia Triozzi et Emmanuelle Huynh. En 2011, désireuse d'étendre sa pratique artistique, elle complète le programme SPEAP, un master sur l'expérimentation dans les arts et la politique dirigé par Bruno Latour à Sciences Po à Paris.

Depuis 2009, Lenio Kaklea utilise différents médiums : la chorégraphie, la performance, le texte et la vidéo. Sa pratique artistique s'inspire du féminisme, de la psychanalyse et de la critique institutionnelle et explore les intersections entre la danse et la théorie critique. Dans son travail, elle explore la production de la subjectivité par la répétition et la transmission organisée des mouvements et cherche à révéler les espaces intimes et marginaux dans lesquels nous, en tant qu'individus, construisons notre identité.

Un volet important de son travail est le projet Practical Encyclopaedia. Depuis 2016, parcourant les rues et les sentiers de différents territoires périphériques européens, elle rassemble près de 600 histoires uniques qui témoignent de la familiarité et de la diversité des habitudes, des rituels et des métiers qui composent et distinguent ces terrains. Différentes formes artistiques se manifestent dans ce projet (un solo de danse, un quatuor de danse, deux publications et une installation vidéo).

Son travail a été présenté par différentes institutions et festivals à travers l'Europe tels que le Centre Pompidou, ImPulsTanz Festival, Fondation Onassis, Triennale de Milan, Laboratoires d'Aubervilliers, documenta 14-Programmes publics, NEXT Festival, Passerelle Art center, PACT Zollverein, Les presses du réel.

Parallèlement à son travail chorégraphique personnel, elle s'engage dans des collaborations avec d'autres artistes. En 2013, elle poursuit une collaboration en solo avec la chorégraphe américaine Lucinda Childs sur la musique de Ryoji Ikeda. En 2016, elle est commissaire invitée à la Scène Nationale de Brest et présente Iris, Alexandra, Mariela, Katerina et moi, un focus sur la production chorégraphique féminine athénienne contemporaine. En 2017, elle accompagne la chorégraphie de la Suite No 3, un concert scénique de Joris Lacoste et Pierre Yves Macé. En 2019, elle collabore avec le pianiste Orlando Bass sur l'œuvre emblématique pour piano préparé de John Cage, Sonatas & Interludes. En 2019, elle reçoit le Prix de la Danse de la Fondation Hermès Italia et crée un nouveau solo pour la Triennale de Milan, Ballad.
Elisabeth Lebovici, docteure en esthétique, est critique d’art depuis 1985. Elle a notamment été rédactrice en chef de Beaux-arts magazine (1987-90). Pendant quinze ans, elle a été journaliste au Service culture du quotidien Libération (1991- 2006). Depuis 2006, elle tient un blog critique : Le Beau Vice

Activiste dans la lutte contre le sida, 1ère présidente du festival de films gays et lesbiens de Paris, Elisabeth Lebovici est membre fondatrice du fonds de dotation LIG – lesbiennes d’intérêt général.
Elisabeth Lebovici collabore depuis les années 1990 à de très nombreux ouvrages, séminaires et colloques consacrés aux artistes contemporain·e·s, au féminisme, à l’activisme, aux questions de genre et à la théorie queer.

Elle a dirigé le séminaire et la publication de L’intime (Paris, ensb-a, 1998) ; elle est la co-auteure, avec Catherine Gonnard, de Femmes Artistes/ Artistes Femmes, Paris, de 1880 à nos jours (Paris, Editions Hazan, 2007). Avec Catherine Gonnard, elle mène actuellement une recherche sur la vie culturelle des lesbiennes dans les media francophones des années 1950-1970.

Son plus récent ouvrage, Ce que le sida m’a fait. Art et activisme à la fin du XXè siècle (Zurich, JRP Ringier, « lectures Maison Rouge », 2017) a reçu le Prix Pierre Daix 2017.

Elle co-dirige depuis 2006 (avec Patricia Falguières et Natasa Petresin-Bachelez) un séminaire régulier à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) intitulé Something You Should Know : Artistes et Producteurs. Elle est membre de « Travelling Féministe » autour des archives du Centre audiovisuel Simone de Beauvoir.