Images en mouvement : entre art et cinéma

Andrea Lissoni en conversation avec Romain Gavras, DIS Magazine (Marco Roso et Lauren Boyle), Le Cinéma Club (Marie-Louise Khondji) et Black Radical Imagination (Amir George)
Au cours de ces vingt dernières années, le dialogue entre art et cinéma a été présenté comme une des disciplines les plus rafraîchissantes et novatrices, à l'origine d'expositions spécifiques, de nouvelles sections de festivals, d'études, de publications, de symposiums et de débats enthousiastes.
Toutefois, à de très rares exceptions près, ni les expositions majeures ni les festivals n'ont finalement remis en question leurs formes traditionnelles. L'art contemporain et l'art du cinéma, ainsi que leurs hôtes (les galeries et les salles de cinéma), sont des classiques modernes. Pourtant, les images sont en mouvement...
Vers quoi l'art contemporain et l'art du cinéma évoluent-ils alors ? Qui les défient véritablement, les artistes ou les réalisateurs? Comment ?
 
Bienvenue dans l'oasis de toutes les réponses.
Festival Kaleidoscope Manifesto, Lafayette Anticipations
Images en mouvement © Martin Argyroglo
Festival Kaleidoscope Manifesto, Lafayette Anticipations
Images en mouvement © Martin Argyroglo

Participants

Titulaire d’un doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles, Andrea Lissoni est le conservateur en chef du département "Film and International Art" de la Tate Modern de Londres. Anciennement conservateur du HangarBicocca de Milan, le cofondateur du réseau artistique indépendant Xing et codirecteur du Festival international Netmage (Bologne), il co-fonde Vdrome en 2012, un programme de projection en ligne pour artistes et cinéastes.
À la Tate Modern, il a lancé un programme annuel de cinéma conçu comme une exposition se déroulant tout au long de l'année. Il a co-organisé l'exposition et le programme en direct lors de l'inauguration du bâtiment Blavatnik en 2016, les expositions BMW Live 2017 et 2018, la Commission Hyundai 2016 sous la direction de Philippe Parreno pour le Turbine Hall de la Tate Modern et l’exposition Joan Jonas (2018). Il a été co-commissaire de la Biennale de l'Image en Mouvement The Sound of Screens imploding, Centre d'Art Contemporain Genève (2018).
Romain Gavras est un réalisateur français et co-fondateur en 1994 du collectif Kourtrajmé avec Kim Chapiron. Il met en scène de nombreux courts-métrages et se fait également connaître dans la réalisation de clips tels que Changer le monde du rappeur Rocé ou Pour ceux de la Mafia K1fri, un registre qui lui permet de gagner ses premières lettres de noblesse.
En 2009 il élabore son premier long-métrage, Notre jour viendra, dans lequel il explore le thème de la stigmatisation des roux. Il assiste ensuite son ancien complice, Kim Chapiron, en tant que réalisateur de seconde équipe sur La Crème de la crème et signe plusieurs clips pour des artistes prestigieux (Jay-Z et Kanye West) et des marques de luxe (Dior, Vuitton). Romain Gavras revient au long-métrage en 2018 avec une comédie de gangsters atypique, Le Monde est à toi.
Depuis près de dix ans, le collectif DIS a continuellement adopté, engagé et réinventé d'importants espaces d’échanges pour la production, la diffusion et la discussion de l'art contemporain. Par le biais de ses propres plateformes et projets curatoriaux, tels que la 9e Biennale de Berlin, DIS accroît et amplifie les possibilités et les capacités de l’art et son rôle dans les domaines artistique, commercial, éducatif et public - le tout en un.
En 2018, le collectif a fait la transition d'un magazine en ligne, dismagazine.com, vers une plateforme de vidéos en continu, Dis.art, qui se concentre sur l'avenir de l'éducation et du divertissement. DIS recrute des artistes et des penseurs de renom pour élargir la portée des conversations clés qui jalonnent l'art contemporain, la culture, la philosophie et la technologie, dans le but d'inspirer, d'informer et de mobiliser une génération autour des problèmes urgents auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui et demain.

DIS a également exposé et organisé des expositions au Young Museum (San Francisco), à La Casa Encendida (Madrid), à l'Institut d'art contemporain Plug-in (Winnipeg), au Baltimore Museum of Art et au Project Native Informant (Londres). DIS a participé à des expositions collectives au MoMA PS1, au Museum of Modern Art et au New Museum (New York), au Musée d'art moderne de la Ville de Paris, au ICA Boston, au Musée d'art contemporain de Chicago, entre autres.
Fondé par Marie-Louise Khondji en 2015, Le Cinéma Club est un rendez-vous mondial du cinéma - une destination en ligne que les cinéphiles peuvent revisiter chaque semaine pour trouver quelque chose de nouveau, de surprenant et d'inspirant.
Ancré à la fois à New York et à Paris, le site est profondément engagé dans le paysage cinématographique international dans son ensemble. La plate-forme sera relancée en juin, poursuivant les courants les plus passionnants et les plus enrichissants du cinéma mondial et élargissant sa mission éditoriale.
Co-fondé par Erin Christovale et Amir George en 2013, Black Radical Imagination est un programme international itinérant de courts métrages expérimentaux mettant en valeur de nouvelles histoires de la diaspora africaine. La série s’appuie sur le réalisme magique, une esthétique afro-futuriste et afro-surréaliste pour interroger l’identité dans le contexte du cinéma.
Black Radical Imagination est curaté par Amir George et se compose des artistes Ephraim Asili, Dana Washington et Suné Woods.

La notion de Black Radical Imagination découle d’une série de discussions sur les frontières et les limites imposées historiquement aux personnes de couleur : "Sans nouvelles visions, nous ne savons pas quoi construire, mais ce qu’il faut abattre. Nous sommes non seulement confus, sans gouvernants et cyniques, mais nous oublions que faire une révolution n'est pas une série de manoeuvres et de tactiques intelligentes, mais un processus qui peut et doit nous transformer”, Robin D.G. Kelley, Freedom Dreams : Black Radical Imagination.