Une rencontre au coeur des sources de l'artiste co-lauréate du Turner Prize (2019) dont les oeuvres brassent des récits rêvés avec des écologies féministes désinhibées.

En conversation avec Madeleine Planeix-Crocker.
Tai Shani est une artiste multidisciplinaire dont la pratique englobe la performance, l’installation, le cinéma et les textes expérimentaux.

À travers un langage visuel poétique et exubérant, elle développe des contre-mythologies féministes qui bouleversent les structures narratives patriarcales. L’une de ses œuvres phares est son projet à long terme Dark Continent (DC : Productions), inspiré du Livre de la Cité des Dames de Christine de Pizan, dans lequel elle conçoit une « cité des femmes » allégorique.

Ses œuvres ont été exposées à l’échelle internationale, notamment à The Cosmic House, Turner Contemporary, la Tate, les Serpentine Galleries au Royaume-Uni, la Fondazione Sandretto Re Rebaudengo en Italie, le Grazer Kunstverein en Autriche et la Tensta Konsthall en Suède. En 2019, elle a reçu le prix Turner aux côtés de trois autres artistes. En 2023, Shani a fait l’objet d’expositions personnelles au KM21, à La Haye, et au Contemporary Arts Center de Cincinnati. Des projets majeurs tels que DC: Semiramis ont été présentés au Glasgow International Festival et au Tetley à Leeds. En 2025, elle a présenté deux expositions très acclamées, The Sun Is a Flame That Haunts The Night à la High Line de New York et The Spell or The Dream, une installation audiovisuelle à grande échelle à Somerset House à Londres.

Madeleine Planeix-Crocker est curatrice à Lafayette Anticipations, responsable de la programmation de la performance et du spectacle vivant. Depuis 2021, Madeleine est également co-responsable de la Chaire Troubles, alliances et esthétiques aux Beaux-Arts de Paris, où elle enseigne la théorie de l’art.

Diplômée de Princeton University en études culturelles, Madeleine a obtenu un Master spécialisé « Médias, art et création » de HEC Paris et un Master 2 en études de performance et de genre à l’EHESS. Elle y a porté un projet de recherche-création avec l’association Women Safe, où elle propose désormais un atelier de théâtre et d’écriture créative. Madeleine poursuit actuellement une thèse à l’EHESS (CRAL) autour des modalités du faire-ensemble dans les champs élargis de la performance contemporaine en France.

Ses publications récentes paraissent dans CURA., OnCurating, SwitchOn Paper, et EarthKeepingEarthShaking. Elle a été commissaire de deux expositions collectives : Spine, à GIANNI MANHATTAN dans le programme Curated by (Vienne, 2024), ainsi que Scabs aux Mécènes du Sud (Montpellier, 2023). Madeleine poursuit sa formation en danse contemporaine.