Polder (sara)
Interrogée sur la définition du mot polder, Tatiana Trouvé répondait en ces termes : « Ce mot contient l’idée d’un espace gagné et d’un espace complètement artificiel. Le polder s’installe là où rien ne devrait avoir lieu. » L’expérience proposée par le polder consiste donc à s’extraire de l’espace présent et à se projeter dans un espace mental, un passé, un imaginaire. Les polders ont toujours un lien fort avec l’architecture dans laquelle ils s’inscrivent. Par l’utilisation de tuyaux de construction, Tatiana Trouvé tend à montrer ce qui est d’habitude camouflé et à réaliser ainsi ce qu’elle nomme des « radiographies d’architecture » cherchant à capter l’âme et l’intériorité des bâtiments. Environnement froid et silencieux, Polder (sara) est constitué d’éléments disparates entourés de bandes en caoutchouc noir qui semblent empruntées au monde de la bureautique sans qu’on parvienne à distinguer leur utilité première. L’accumulation de boîtes de conserve évoque aussi l’univers de la cuisine et le monde domestique. Espace hybride, il est trop grand pour constituer une maquette, mais trop petit pour être praticable. L’accès à l’une des salles est interdit par des bandes de ce même caoutchouc qui enserre tous les objets, ce qui suscite de la frustration chez le spectateur.
Notice rédigée par Marianne Tricoire dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
MAMCO - Musée d'Art moderne et contemporain de Genève, Genève (Suisse)
du 25 juin au 21 sept. 2014
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
FRAC PACA, Marseille (France)
du 29 janv. au 02 avril 2005
Galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois, Paris (France)
du 04 oct. au 09 nov. 2002
Tatiana Trouvé
Né·e en 1968 à Cosenza, Italie
La pratique de Tatiana Trouvé s’articule autour des notions de mémoire et d’archives. L’artiste cherche notamment à sauver de l’oubli des éléments banals, des documents administratifs et des objets divers qui constituent le cœur de notre quotidien. Nourrie d’influences littéraires, son œuvre protéiforme à mi-chemin entre la sculpture, l’architecture et la maquette matérialise son expérience intime tout en montrant l’absurdité de la société contemporaine et du monde du travail.
Née en 1968 à Cosenza (Italie), Tatiana Trouvé a été formée aux Pays-Bas ainsi qu’à la Villa Arson de Nice avant de se lancer dans son principal projet artistique : le Bureau d’activités implicites (BAI). Elle a remporté le prix Marcel Duchamp en 2007. Elle vit et travaille à Paris.