Polder
Interrogée sur la définition du mot « polder », Tatiana Trouvé répondait en ces termes : « Ce terme contient l’idée d’un espace gagné et d’un espace complètement artificiel. Le polder s’installe là où rien ne devrait avoir lieu. » L’expérience proposée par le polder consiste donc à s’extraire de l’espace présent et à se projeter dans un espace mental, un passé, un imaginaire. Les polders ont toujours un lien fort avec l’architecture dans laquelle ils s’inscrivent. Par l’utilisation de tuyaux de construction, Tatiana Trouvé tend à montrer ce qui est d’habitude camouflé et à réaliser ainsi ce qu’elle nomme des « radiographies d’architecture » cherchant à capter l’âme et l’intériorité des bâtiments. Avec ses impossibles machines de musculation qui ne peuvent pas fonctionner, Polder semble être calqué sur le modèle de la salle de sport, comme d’autres le sont sur des bureaux ou des salles de musique. Espace hybride, il est trop grand pour constituer une maquette, mais trop petit pour être praticable, provoquant chez le spectateur un décalage permanent avec l’environnement étrange dans lequel il pénètre.
Notice rédigée par Marianne Tricoire dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
MAMCO - Musée d'Art moderne et contemporain de Genève, Genève (Suisse)
du 25 juin au 21 sept. 2014
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 13 sept. au 03 nov. 2007
Tatiana Trouvé
Né·e en 1968 à Cosenza, Italie
La pratique de Tatiana Trouvé s’articule autour des notions de mémoire et d’archives. L’artiste cherche notamment à sauver de l’oubli des éléments banals, des documents administratifs et des objets divers qui constituent le cœur de notre quotidien. Nourrie d’influences littéraires, son œuvre protéiforme à mi-chemin entre la sculpture, l’architecture et la maquette matérialise son expérience intime tout en montrant l’absurdité de la société contemporaine et du monde du travail.
Née en 1968 à Cosenza (Italie), Tatiana Trouvé a été formée aux Pays-Bas ainsi qu’à la Villa Arson de Nice avant de se lancer dans son principal projet artistique : le Bureau d’activités implicites (BAI). Elle a remporté le prix Marcel Duchamp en 2007. Elle vit et travaille à Paris.