The Vestoj Salon at MoMA PS1, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey

The Vestoj Salon at MoMA PS1

Date : 2015

Le pouvoir de réminiscence du vêtement, qui peut être à la fois la madeleine d’un individu propre et d’une époque toute entière, est mis à l’épreuve du salon Vestoj, tenu par Anja Aronowsky Cronberg à New York au MoMA PS1 le 29 Mars 2015. Six personnalités de la mode adressent au public new-yorkais des histoires personnelles liées au souvenir d'un habit.

Ces récits, qui bout à bout n'en forment peut-être qu'un seul, ont été écrits sur la foi de souvenirs particuliers. Évoquant tour à tour la nostalgie ou l'héritage, ils donnent à la mémoire de chaque narrateur une forme et une matière. Véritables memento mori textiles, les objets évoqués confirment l'intuition de Victor Hugo selon laquelle l'histoire n'est jamais qu'un écho du passé résonnant au futur.

Les récits de Vestoj, offerts et répétés à l'attention de petits auditoires - eux-mêmes lancés les uns derrière les autres dans un arpentage narratif - estompent les frontières entre conteurs et spectateurs. Chaque histoire, faite pour un public restreint, également façonnée dans une certaine promiscuité, se couvre d'empathie.

Que va-t-il en coûter à Joan Juliet Buck, Glenn O'Brien ou Pat Cleveland, personnalités publiques et révérées de leur profession, de conter leur foi, leurs douleurs et souvenirs intimes devant de parfaits inconnus ? Leurs paroles ne vont pas seulement être portées, elles vont être transmises. Leur rythme, leur intonation, leur jeu doit varier au fil de la journée, selon les réactions de l'auditoire qui s'en fait par le silence complice et co-auteur.

La mode, ainsi extirpée de la logique des saisons et collections, se dit au lieu d'être montrée, s'écoute au lieu d'être portée. Bien plus encore, l'expérience du Vestoj Storytelling Salon révèle, comme à Paris, combien le vêtement participe à l'élaboration des identités. Trop petits ou trop grands ou simplement passés, ceux que l'on ne porte plus mais que l'on conserve nous aident à faire peau neuve des apparences usées.

LES STORYTELLERS

Candy Pratts Price, éditrice

Ancienne acheteuse pour Charles Jourdan puis proche collaboratrice d’Anna Wintour, Ralph Lauren, Guy Bourdin, Manolo Blahnik et Mario Testino, Candy a officié dix ans pour Style.com et Vogue.com. Récompensée par le puissant CFDA en 2008, elle est comme l’a mentionné The September Issue, l’une des plus remarquables éditrice de mode.

Patricia Field, styliste

Pat s'est fait un nom en tant que styliste de Sex and the City. New-Yorkaise de naissance, sa boutique downtown Patricia Field a fournit les Club Kids et les excentriques depuis 1966. Pat elle-même a été la source de plusieurs tendances par la diffusion de son travail sur petit et grand écran - du tutu de Carrie Bradshaw et son collier "Carrie" aux motifs décalés et combos de couleurs d'Ugly Betty en passant par l'élégante garde-robe de Miranda Priestly dans Le Diable s'habille en Prada.

Dapper Dan, créateur

À la fin des années 80, la boutique de Dapper Dan à Harlem accueillait les célébrités à n'importe quelle heure du jour et de la nuit : LL Cool J, Mike Tyson, Salt-N-Pepa anisi que le célèbre dealer Alpo Martinez en étaient les clients réguliers. Ses peaux de visons, crocodiles et pythons, imprimées des logos de Gucci, Fendi et Louis Vuitton lui ont valu une solide réputation, jusqu’à ce que les marques détournées contre- attaquent en 1992 et le contraignent à la clandestinité.

Pat Cleveland, mannequin

Premier top model afro-américain, muse tour à tour d’ Yves Saint Laurent, de Halston et Stephen Burroughs, Pat Cleveland est une ancienne figure du Studio 54. Connue et reconnue pour sa démarche théâtrale sur les podiums, elle exerce toujours et vient notamment d’apparaître aux côtés de sa fille dans la campagne Lanvin printemps/été.

Mary McFadden, créateur

Mary McFadden est une figure de la mode américaine des années 70. Attachée aux cultures anciennes et textiles exotiques, ses tuniques peintes à la main, ses robes élégamment brodées ou ses robes en soie plissées ont fait la fortune de sa marque dans les années 80. Mariée cinq fois, avec notamment le roi du Pays Dogon, elle partage aujourd’hui sa vie avec Marquette de Bary, avec qui elle sillonne le monde à la recherche de nouveaux trésors.

Glenn O’Brien, écrivain

Membre de la Factory et premier éditeur du magazine Interview fondé par Andy Warhol, Glenn O’Brien a présenté TV Party de 1978 à 1982 et accueilli entre autres Jean Michel Basquiat, David Byrne, Klaus Nomi et The Clash. Comédien à ses heures, ancien publicitaire de Barneys New York et éditeur du livre de Madonna Sex, il tient aujourd’hui la chronique « The Style Guy » pour GQ magazine.
The Vestoj Salon at MoMA PS1, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, 29 mars 2015, New York
The Vestoj Salon at MoMA PS1, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Mary McFadden, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Glenn O’Brien, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Candy Pratts Price, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Dapper Dan, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Patricia Field, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey
The Vestoj Salon at MoMA PS1, Pat Cleveland, 29 mars 2015, New York © Margarida Malarkey