Benoît Piéron dans la laverie de la cité © Léna Domergue

Une rencontre entre l'artiste Benoît Piéron et la philosophe Sandrine Gasparine Alexandre autour de l'attente.

Cette rencontre s'intéresse à l'idée de la déprogrammation, et à la possibilité de transformer notre relation au temps et aux lieux de l'attente.
 
L'artiste Benoît Piéron dont l'oeuvre Laundrette est présentée dans l'exposition Coming Soon aborde ces questions avec la philosophe Sandrine Gasparine Alexandre, autrice de L'attente ou l'art de perdre patience.
Benoît Piéron travaille à la création de moments, d'installations et d'objets explorant la sensualité des plantes, les limites du corps humain et la nature temporelle des salles d'attente. Son parcours créatif englobe diverses pratiques, dont le patchwork, le jardinage existentiel et la création de papiers peints.

Atteint d'une maladie de longue durée, Benoît Piéron entretient une relation très étroite avec l'écosystème hospitalier. Il a développé une pratique s'inspire de cet environnement et cherche à donner une plasticité à la maladie. Loin de l'héroïsme romantique des métaphores habituelles de la maladie, Piéron se place dans une joyeuse zone grise. À travers son art, il s'efforce d'explorer ces territoires inexplorés, les considérant non pas comme un fardeau mais comme une source potentielle d'expression créative.

Expositions sélectionnées : Coming Soon, Lafayette Anticipations, Paris (2024); Slumber Party, Chisenhale Gallery, London (2023); Der pinkelnde Tod, Kunstverein Bielefeld, Bielefeld (2023); Avant l’Orage, Bourse du Commerce, Pinault Collection, Paris (2023); uMoya: The Sacred Return of Lost Things, Liverpool Biennial, Liverpool (2023); Exposé.es, Palais de Tokyo, Paris (2023); Horizones, Fondation Pernod Ricard, Paris (2022); Bandage, galerie du Haïdouc à l’Antre Peaux, Bourges (2022); Illness Shower, Sultana Summer Set, Galerie Sultana, Arles (2022); Deux drapeaux, Une Belladone, L’alcôve, Paris (2021); VIH/sida, l’épidémie n’est pas finie, Mucem, Marseille (2021); Plaid, Cité internationale des Arts, Paris (2021); Mort is more, Brasserie Atlas, Brussels (2021).

Ancienne élève de l’école normale supérieure de Lyon, agrégée et docteure en philosophie, Sandrine Gasparine Alexandre est actuellement chercheuse associée à l’IRePh de Nanterre et enseigne la philosophie à différents publics.

Spécialiste de philosophie ancienne, de sa réception et de ses usages contemporains, elle a notamment publié 24h de la vie de Socrate en 2023.

Dans son dernier ouvrage, L'attente ou l'art de perdre patience, elle prend le contrepied d'approches moralisantes ou psychologisantes qui réduiraient l'attente à une expérience singulière et privée du temps pour proposer une approche critique et politique faisant de l'attente une expérience complexe au cœur de la rationalité néolibérale. Elle montre en effet en quoi cette expérience au premier abord triviale et pénible, associée à une patience douloureuse, s’avère un élément central de la gouvernementalité néolibérale et, entre autres, en quoi une perspective queer pourrait permettre de proposer un éclairage autre sur le gouvernement par l’attente et sur les résistances qu’il est possible d’y apporter.