Poisoned by men in need of some love (Quattuor Bubo bubo)
Petrit Halilaj a été, tout jeune, témoin de la chute du mur de Berlin, de la guerre d’ex-Yougoslavie et de leurs répercussions. L’installation vidéo July 14th? et les sculptures Poisoned by men in need of some love révèlent l’influence nationaliste suscitée par ce conflit majeur de la fin du xxe siècle sur le patrimoine kosovar. Avant la guerre, une collection d’animaux naturalisés très réputée était présentée au musée d’Histoire naturelle de Pristina, transformé avec les bouleversements politiques en institution célébrant l’identité de la nation. Or, la substitution des animaux naturalisés par des objets du folklore national a eu raison de leur conservation : remisés dans les caves, ils se sont progressivement momifiés et décomposés. En 2013, Petrit Halilaj a documenté leur exhumation et en a recréé des artefacts qu’il a sculptés puis filmés, rendant ainsi vie à ces animaux deux fois morts.
Expositions
The Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik, Bonn (Allemagne)
du 06 mars au 18 oct. 2015
L’œuvre de Petrit Halilaj est intimement liée au questionnement des racines. Son histoire personnelle est marquée par l’exil de sa famille qui a fui la guerre du Kosovo, un souvenir dont l’artiste se sert comme d’un matériau pour explorer les notions de nation et d’identité culturelle en confrontant son expérience intime à une mémoire collective. Le contournement de la réalité qu’il opère à l’aide d’animaux naturalisés, de terre ou de gravats est la formulation d’une critique politique des conflits. Ses installations sont aussi le terreau de réflexions sur la mémoire, la liberté et l’identité. Comme le travail de recherche sur le trauma constitue un point de départ dans son œuvre, le caractère fragmentaire de ses installations n’est pas sans évoquer une réponse possible à la violence subie par le Kosovo et sa population.
Né en 1986 à Kostërrc (Kosovo), Petrit Halilaj a été formé à l’Académie de Brera à Milan (Italie). Il vit et travaille à Berlin (Allemagne).