Landscape
Souvent composées de matériaux instables ou d’objets trouvés, fragmentés et réassemblés, les œuvres de Guillaume Leblon refusent l’immuabilité de la représentation. Extensions, déformations, révélations du réel, elles travaillent à des échelles d’espace et de temps élastiques. Si leur assimilation par l’architecture est fréquente, c’est loin de tout monumentalisme que l’artiste intervient cette fois. De la fumée infiltre discrètement le lieu d’exposition, présence liminaire entre apparition et disparition. Paysage rampant, mer de nuages condensés, le phénomène naturel rejoué ici passe du sublime romantique à l’infime manifestation d’un espace construit. Volatile et instable, l’œuvre déçoit l’attente d’éternité du musée-sanctuaire et révèle les interstices invisibles par lesquels l’extérieur contamine doucement l’intérieur.
© ADAGP, Paris 2015
Expositions
FRAC Bourgogne, Dijon (France)
du 24 janv. au 27 mars 2004
Guillaume Leblon
Né·e en 1971 à Lille, France
Sculpteur avant tout, Guillaume Leblon manie autant le cuivre que le bois, la céramique que le plâtre. Selon Marianne Lanavère, il fait partie de ces artistes qui « préfèrent à nouveau se référer à l’abstraction picturale, à l’architecture moderne, à la sculpture américaine des années 60, à l’art conceptuel, au process art, au cinéma structuraliste […] pour développer des approches qui bien que formellement éloignées, proviennent d’une même conception : l’œuvre d’art comme indice, si ténu soit-il, susceptible d’évoquer à lui seul tout un faisceau de références, une construction, une histoire, un univers. » (Marianne Lanavère, introduction de la monographie de Guillaume Leblon, Les Presses du réel, 2004).
Né en 1971 à Lille (France), Guillaume Leblon a été formé à l’École des Beaux-arts de Lyon jusqu’en 1997 avant de poursuivre ses recherches à la Rijksakademie d’Amsterdam. Il a reçu le prix Altadis en 2005. Guillaume Leblon vit et travaille à Paris.