Œuvre de la Collection

Hic et Nunc (Joaquín, Rafael)

Artiste : Berenice Olmedo
Date de création : 2022
Domaine : Installation
Matériaux : Chaussettes d'essai pour prothèses fémorales, Liners (manchons en silicone pour prothèse), Système robotique, Microcontroleurs, Servomoteurs, Servomotors
Dimensions : 135 × 40 × 40 cm
Collection : Lafayette Anticipations - Fonds de dotation Famille Moulin
Date d'acquisition : 2022
Berenice Olmedo, Hic et Nunc (Joaquín, Rafael), Installation, 2022, Collection Fonds de dotation Famille Moulin © DR

En récupérant des prothèses de membres inférieurs dans une décharge ou au marché aux puces d’Iztapalapa, quartier pauvre de Mexico, et en en créant des répliques grâce à un travail de documentation dans une clinique spécialisée, Berenice Olmedo met en lumière les lourdes pollutions environnementales qui provoquent des difformités nécessitant des amputations chez les enfants. En transcendant la sérialité de ces objets produits en masse à partir desquels elle réalise plusieurs œuvres semblables, l’artiste montre des groupes sociaux marginalisés et invisibilisés, comme le suggère la transparence de ces objets élevés au rang d’œuvres d’art, sous le prisme de l’intime, notamment par l’ajout des prénoms. En donnant pour titre à son œuvre une célèbre maxime latine épicurienne et stoïcienne, elle encourage également les porteurs de prothèses à dépasser le validisme régissant la société actuelle et à vivre pleinement selon leurs désirs.

Notice rédigée par Chiara Perez dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.


Exposition

Hic et Nunc
Kunsthalle Basel, Bâle (Suisse)
du 10 juin au 18 sept. 2022

À propos de l'artiste

Berenice Olmedo

Né·e en 1987 à Oaxaca, Mexique

Berenice Olmedo utilise les débris comme matière première de ses sculptures. Largement inspiré par la mise en scène de groupes marginalisés, son travail se déploie autour de deux axes : la transformation de dépouilles de chiens errants en produits du quotidien (vêtements, savon…) et la récupération de prothèses jetées à la décharge. Ce second processus créatif exprime l’intérêt de l’artiste pour la dépendance de l’être humain dès sa naissance. Elle cherche à susciter une réflexion sur les choses qui élèvent ou qui rabaissent pour nous inciter à interroger notre lien avec les éléments du quotidien. Entre dépendance et oppression, la prothèse se positionne à la fois comme un squelette en métal qui soutient et un carcan temporaire pour une vie adulte plus autonome.

Née en 1987 à Oaxaca (Mexique), Berenice Olmedo a été formée à l’Universidad de las Américas Puebla. Elle vit et travaille à Mexico (Mexique).