Endnote, Tooth, Circle
Quasi monochrome blanc, le diptyque Endnote, Tooth, Circle est une fraction d’un projet bien plus vaste. L’œuvre se compose de deux espaces carrés tendus de papier, enduits de multiples couches de peinture et recouverts d’un morceau de plexiglas provenant d’un abribus abandonné. En intégrant cet objet trouvé et déjà abîmé, Ian Kiaer met en avant la vulnérabilité et la faillibilité qui résident dans chaque œuvre. Comme un feu de lumière, le soleil vert clair attire et concentre le regard, rayonne et traverse l’œuvre. Ian Kiaer remet en question l’existence des formes et la perception humaine en créant une œuvre hors du temps, indéfinissable et à l’écart de toute réalité où l’absence de narration offre au spectateur mille possibilités de recomposition. Cette pièce du projet Endnote, Tooth fonctionne comme un arrangement expérimental préliminaire à la matérialisation de la pensée. Dans sa démarche de déconstruction, l’artiste utilise le fragment ou l’échantillon pour interroger les notions de totalité et de pérennité.
Notice rédigée par Oriane Poret dans le cadre du partenariat entre l’école du Louvre et Lafayette Anticipations-fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
Galerie Marcelle Alix, Paris (France)
du 05 avril au 27 mai 2017
Ian Kiaer
Né·e en 1971 à Londres, Royaume-Uni
La pratique artistique d’Ian Kiaer s’appuie sur une approche utopiste et expérimentale. Depuis plusieurs années, il mène le projet Endnote, Tooth qu’il présente sous des formes diverses. Il s’inspire librement des concepts de l’urbaniste Moshe Safdie et de l’architecte utopiste Frederick Kiesler, notamment de sa théorie du « corréalisme » et de Tooth House, projet en forme de dent humaine non réalisé à la fin des années 1940. Ian Kiaer crée ses tableaux, sculptures et installations à partir de matériaux fabriqués ou trouvés, brouillant ainsi la frontière entre intentionnalité et hasard.
Né en 1971 à Londres (Royaume-Uni), Ian Kiaer est diplômé de l’University College de Londres (1995). Il est également titulaire d’un master en peinture (2000) et d’un doctorat du Royal College of Art (2008) sur la maison comme modèle de pensée. Il vit et travaille entre Londres et Oxford.