Interrupted Confession
Réalisé à partir de plusieurs photographies, ce grand collage brouille les frontières entre l’intérieur et l’extérieur, entre le végétal, l’humain et la technologie. Plusieurs images se mêlent et se superposent : une figure féminine au visage évidé tenant une plante verte, un radiateur, une fenêtre, des branches d’arbre enneigées, des ustensiles de cuisine. Le tout forme un ensemble énigmatique qui, comme le suggère le titre, invoque l’idée d’un secret, d’une confession dont il faudrait élucider le sens par l’addition des signes visuels. Les images d’Anna Parkina fonctionnent comme un puzzle. Tout en convoquant le souvenir du constructivisme russe et de la propagande soviétique, ses collages créent une surface stratifiée et équivoque qui rappelle les constructions irréelles et les perspectives impossibles du dessinateur néerlandais M. C. Escher, très inspiré par l’architecture et les mathématiques, ainsi que les trompe-l’œil de René Magritte.
Notice rédigée par Marianne Tricoire dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
Wilkinson Gallery, Londres (Angleterre)
du 15 févr. au 28 mars 2013
Anna Parkina
Né·e en 1979 à Moscou, Russie
Le travail d’Anna Parkina s’inscrit dans la nouvelle scène de l’art russe qui, depuis les années 1990, se détourne des idéologies pour dépeindre les incertitudes et les malaises de la Russie postcommuniste. L’artiste utilise le collage dans une forme de référence au constructivisme russe et aux œuvres de Raoul Hausmann ou Max Ernst tout en y intégrant des images médiatiques contemporaines et des formes abstraites pour évoquer le passé et le présent de son pays natal.
Née en 1979 à Moscou (Russie), Anna Parkina a été formée à l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris (France) et à l’Art Center College of Art and Design de Pasadena en Californie (États-Unis). Elle vit et travaille à Moscou.