Melancolia
Cette aquarelle issue de la série Melancolia représente un plongeoir installé au milieu des nuages dans le ciel. Empreinte d’une poésie absurde, cette association insolite est héritée du mouvement dada et du surréalisme. Elle transcrit des expressions de la joie comme « être sur un petit nuage » ou « nager dans le bonheur ». Aucun personnage n’occupe cette composition, comme si nous nous situions juste avant ou après ce saut que nous pouvons seulement imaginer. Conçue en tant qu’œuvre propre, cette aquarelle a donné à Pierre Ardouvin l’idée d’une installation, pour laquelle il a réalisé de vraies esquisses préparatoires intitulées Le pays léger (2005), dont l’atmosphère diffère grandement du monde onirique représenté sur le dessin. En contrepoint du titre, le plongeoir y est transposé dans une petite pièce étroite et sombre. Ici, aucun nuage sur lequel rebondir : le plongeur atterrit dans un fond d’eau sale qui rappelle les égouts.
Notice rédigée par Justine Grethen dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
CRAC Alsace, Altkirch (France)
du 08 févr. au 10 mai 2009
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
Centre d'Art le LAIT, Albi (France)
du 02 avril au 05 juin 2005
Pierre Ardouvin
Né·e en 1955 à Crest, France
Pierre Ardouvin s’exprime à travers plusieurs médiums, mais il est surtout reconnu pour ses installations. Elles se composent souvent d’objets prosaïques qu’il détourne pour nous inviter à porter un regard nouveau et plus poétique sur eux. Il s’inscrit à ce titre dans l’héritage du mouvement dada et des ready-mades de Marcel Duchamp. La culture populaire est également une source d’inspiration pour cet artiste fasciné par ses effets visuels et sonores ainsi que par le sentiment d’éphémère qui s’en dégage. Il réinterprète notre rapport à la scène, au spectacle et à l’illusion avec des mises en scène qui dévoilent une représentation complexe du monde entre bonheur, nostalgie et désillusion.