Untitled
À première vue, l’œuvre de Sara Deraedt fait penser à un bureau. Une sculpture en métal et en bois trône sur une simple table. La grille cruciforme qui constitue cette pièce enchâssée dans une structure rectangulaire pourrait évoquer une geôle ou une porte surélevée. La prison est un motif que Sara Deraedt développe depuis sa première exposition personnelle en juillet 2020 à Établissement d’en face, un espace artistique de Bruxelles. Des dessins de la façade de la maison d’arrêt de Bruxelles sont exposés pour révéler l’opacité face à ce qui est familier et quotidien. Avec cette installation, qui pourrait être à la fois une maquette ou une structure, l’artiste laisse circuler les idées entre les fins barreaux de la sculpture en jouant sur la question de l’accessible et de l’inaccessible. Avec le silence et l’absence de cartel ou de discours, elle cherche à nous détourner du réflexe de la quête d’une explication monolithique aux œuvres. À chacun de convoquer son imaginaire et ses propres interprétations.
Notice rédigée par Clara Delettre dans le cadre du partenariat entre l'École du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
MHKA Musée d'art contemporain d'Anvers, Anvers (Belgique)
du 11 sept. 2021 au 09 janv. 2022
Sara Deraedt
Né·e en 1984 à Asse, Belgique
L’œuvre de Sara Deraedt est silencieuse. Gravitant entre le monde de la photographie, du dessin, mais aussi de l’installation et de l’art conceptuel, elle se caractérise par la rareté du langage et du discours qui l’entoure. Des photographies de bâtiments à celles d’objets du quotidien, l’artiste s’approprie les codes du ready-made et du pop art en créant des archives vivantes et évolutives. L’absence de cartel, de publication et de texte maintient son œuvre dans un état spéculatif propice à l’étonnement et au regard objectif. Sara Deraedt cherche, à travers l’usage d’objets banals ou d’installations plus abstraites, à produire un savoir non qualifiable pour créer un rapport plus intime et subjectif à son œuvre. L’artiste explique : « La raison de mon silence en compagnie de mon travail – par exemple, l’absence de textes imprimés dans mes expositions – n’est pas d’être mystérieux ou de laisser le public avec un besoin de connaissance, ni de créer quelque chose d’opaque. C’est exactement le contraire. »
Née en 1994 à Asse (Belgique), Sara Deraedt est diplômée de l’Académie des Beaux-arts de Vienne (Autriche). Elle vit et travaille à Bruxelles.