Stela fragment; relief carving shows two men wearing skirt and head band and four animals (lions) (IM23477) (Recovered, Missing, Stolen series)
Commencée en 2006 en écho au pillage du musée national de Bagdad en 2003, la série The invisible enemy should not exist réinterprète des objets archéologiques qui étaient conservés dans les collections de cette institution. Michael Rakowitz reproduit ces « artefacts-fantômes » à l’échelle en s’appuyant sur la base de données créée par l’université de Chicago et sur la liste mondiale des œuvres volées établie par Interpol. Les œuvres ne sont toutefois pas identiques aux originaux : ce sont des simulacres que l’artiste enveloppe dans des emballages alimentaires et des journaux du monde arabe pour témoigner des enjeux économiques qui sous-tendent les relations politiques internationales. Il s’agit pour lui « de rendre visible des objets qui sont culturellement invisibilisés », notamment par la perception péjorative de la culture irakienne au sein de la société américaine, en incarnant les manques que ces destructions créent et que cette série contribue à combler. Cette installation, composée de la stèle en papier et du cartel de musée, reproduit à échelle 1 une stèle venant d'Uruk datant de 3000 avant notre ère. Elle reprend les motifs de la stèle d'origine, à savoir un relief représentant deux hommes en train de chasser quatre lions.
Notice rédigée par Léonie Maton dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
FRAC Lorraine, Metz (France)
du 22 févr. au 12 juin 2022
Institut des Cultures d'Islam, Paris (France)
du 29 mars au 05 août 2018
Michael Rakowitz
Né·e en 1973 à New York, États-Unis
Michael Rakowitz s’intéresse aux tensions entre les États-Unis et l’Irak, et dans une plus large mesure à celles qui s’exercent entre l’Occident et le Moyen-Orient. Depuis les années 2000, sa pratique artistique est traversée de problématiques liées aux notions d’héritage, de mémoire et de transmission. Il réinterprète de manière protéiforme des biens patrimoniaux rendus parfois inaccessibles par les circonstances géopolitiques pour témoigner de récits moins légitimés par l’Histoire. Son œuvre aborde les rapports de pouvoir, leurs enjeux et leurs conséquences à différentes échelles, qu’elles soient internationales, nationales ou locales.
Né en 1973 à New-York (États-Unis) de parents irakiens, Michael Rakowitz vit et travaille aujourd’hui à Chicago (États-Unis).