The People
« Mon village, c’est ma matrice », déclare Mimosa Échard à propos de la communauté hippie dans laquelle elle a grandi dans les Cévennes. Elle a choisi son quotidien familial comme sujet de son premier long-métrage. À partir des vastes archives personnelles constituées de séquences tournées en MiniDV pendant près de dix ans, elle superpose diverses scènes dans un flux d’images de deux heures. Accompagnée d’une musique composée par Raphaël Hénard, cette réflexion sur le temps confronte simultanément plantes et fleurs, emballages pop et intérieurs démodés. Cette juxtaposition d’éléments divergents s’inspire de son expérience d’enfant découvrant la culture MTV à la télévision au milieu de la nature sauvage. Selon Mimosa Échard, cet assemblage de formes et de couleurs à l’effet fantomatique et poétique relève d’un « rapport sensuel » avec le médium vidéo. L’artiste convoque à l’écran les expérimentations plastiques qu’elle développera par la suite dans son atelier, comme elle l’explique elle-même : « The People résonne avec tout ce que je fais maintenant – avec la transparence, la liquidité, la cohabitation de mondes humains et non humains… »
Notice rédigée par Franny Tachon dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
Lafayette Anticipations - Fondation Galeries Lafayette, Paris (France)
du 11 oct. au 23 oct. 2016
Si Mimosa Échard fait usage de supports aussi divers que la céramique, la peinture à l’huile, la sculpture, la photographie, le film ou l’installation, c’est parce qu’elle s’emploie toujours à créer des écosystèmes hybrides qui font cohabiter culture et nature. Plantes médicinales, compléments alimentaires, produits cosmétiques, composants électroniques, pilules contraceptives et stimulants de fécondité réagissent les uns avec les autres en donnant naissance à des formes fluides et imprévisibles. Nourrie par la technologie cyborg, l’esprit DIY ou le naturalisme wicca, la pratique de Mimosa Échard est souvent comparée à celle d’une sorcière postmoderne.
Née en 1986 à Alès (France), Mimosa Échard vit et travaille à Paris. Elle est diplômée de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris et de la Villa Arson de Nice. Nommée au prix Meurice en 2015, elle a été résidente de la Villa Kujoyama à Kyoto en 2020.