Pacific Club
Azedine raconte son histoire. Celle de l’ouverture en 1979 du Pacific Club, une boîte de nuit située dans le quartier d’affaires parisien de La Défense et réservée aux populations immigrées des banlieues. En brossant le portrait d’un homme issu de l’immigration maghrébine de deuxième génération, Valentin Noujaïm réalise celui de la jeunesse des années 1980, dont l’histoire a été marquée par le racisme, le sida et la drogue. L’artiste propose un court-métrage politique dans lequel les rapports de force et de domination entre les populations et les classes sociales sont dépeints à travers la question du rêve et de l’évasion. L’esthétique du court-métrage est régie par une atmosphère bleue, nébuleuse et étrange mise au service d’un discours précis et incisif qui crée une esthétique paradoxale. Le court-métrage Pacific Club (2022) est le fruit de la résidence de Valentin Noujaïm à Artagon Marseille. Pacific Club a reçu le Prix George du meilleur film documentaire du Festival international du court-métrage de Winterthur en 2023.
Notice rédigée par Clara Delettre dans le cadre du partenariat entre l'École du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Valentin Noujaïm propose un cinéma utopique et fantasmagorique. Son travail s’appuie sur une recherche formelle où la pellicule dialogue avec le numérique en usant d’effets spéciaux et d’images animées pour créer un univers étrange qui confine au surréalisme. Dans ses films, l’artiste convoque son histoire personnelle et les origines méditerranéennes de sa famille. Voyageant du documentaire à la fiction, il aborde des questions politiques, sociales et postcoloniales. Il donne à voir des documentaires basés sur le témoignage, mais aussi des récits historiques ou imaginaires mettant en scène des portraits rêvés, comme dans son projet Vie d’Héliogabale réalisé lors de sa résidence à la Villa Médicis de Rome en 2023.
Né en 1991 à Angers (France), Valentin Noujaïm a été diplômé de La Fémis en juillet 2020.