L'homme aux oreilles de porc
Un squelette humain dont les os sont formés de biscuits pour chien et les organes de tranches de bacon : c’est ainsi que se conçoit la sculpture de Michel Blazy. Des matériaux alimentaires, habituellement destinés à la consommation courante, sont ici détournés de leur fonction pour former un modèle anatomique. En convoquant les éléments de la nature morte comme la figure du squelette, l’œuvre s’apparente à une forme de vanité, symbole de la fragilité du temps et de la brièveté de la vie. Cependant, loin de proposer une méditation mélancolique sur l’inutilité des plaisirs de ce monde, l’installation affirme avec humour une pulsion de vie : elle change peu à peu de forme et de couleur au fil de son exposition, intégrant la part d’incongru, d’aléatoire et d’accidentel liée au processus de développement du vivant ou à l’apparition d’agents extérieurs comme les insectes. La sculpture développe ainsi son propre métabolisme, tel un écosystème se redéfinissant plastiquement et se renouvelant perpétuellement sans l’intervention du plasticien. Éphémère, l’œuvre de Michel Blazy est appelée à disparaître physiquement, mais aussi à durer virtuellement grâce à un mode d’emploi.
Notice rédigée par Franny Tachon dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
Musée des Années 30, Boulogne-Billancourt (France)
du 13 avril au 28 oct. 2012
Galerie Art : Concept, Paris (France)
du 05 nov. au 23 déc. 2005
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
Michel Blazy
Né·e en 1966 à Monaco, Monaco
Michel Blazy, souvent surnommé « le jardinier de l’art contemporain », réalise depuis le début des années 1990 des œuvres éphémères aussi variées que des peintures à la craie au sol, des sculptures en mousse à raser ou des fresques en purée de carotte. À partir de matériaux naturels ou artificiels issus du quotidien, l’artiste engage un dialogue avec la matière au gré d’expérimentations plus ludiques que scientifiques. S’il donne l’impulsion première, il se soumet ensuite à l’imprévisibilité du vivant qui évolue dans l’espace-temps de l’exposition au fil de divers évènements et accidents. Ses installations ne sont ainsi « jamais des formes définitives, mais des propositions à un moment donné ».
Né en 1966 à Monaco, Michel Blazy est diplômé de la Villa Arson de Nice. Il vit et travaille à Paris.