L'éclipse
Pendant près de dix minutes, couleurs et formes se succèdent à l’image à mesure que l’ombre rouge de la lune cache le soleil jaune qui se détache sur le ciel orange. Ce film entièrement conçu par ordinateur à partir d’une technologie cinématographique complexe confronte deux phénomènes qui ne peuvent se produire simultanément dans la nature : une éclipse solaire et un coucher de soleil. Laurent Grasso a réalisé L’éclipse après avoir étudié des reportages documentant de fausses observations d’événements miraculeux tels que des apparitions d’ovnis. En recréant artificiellement une manifestation lumineuse irréelle, il produit ce qu’il appelle un « faux miracle ». Par la vision fictive d’un ciel, il entend explorer l’imaginaire des phénomènes naturels et développer une poétique de l’énigme qui amène le spectateur à douter de ces images, mais aussi à remettre en cause ses propres croyances. Cette réflexion sur la perception des sensations ainsi que l’ambiguïté de la frontière entre visible et l’invisible se révèle emblématique du travail de Laurent Grasso.
Notice rédigée par Franny Tachon dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 20 oct. 2009 au 09 janv. 2010
Musée départemental de Rochechouart, Rochechouart (France)
du 14 juin au 22 sept. 2008
Institut d'art contemporain de Villeurbanne/Rhône-Alpes (IAC), Villeurbanne (France)
du 21 juin au 19 août 2007
New Art Dealers Alliance, Miami (États-Unis)
du 07 déc. au 10 déc. 2006
MIT, The List Visual Art Center, Cambridge (États-Unis)
du 28 août au 10 nov. 2006
École des Beaux-arts de Valenciennes, Valenciennes (France)
du 22 mars au 25 avril 2006
Laurent Grasso
Né·e en 1972 à Mulhouse, France
À travers la vidéo, l’installation, la sculpture, la photographie et la peinture, Laurent Grasso s’attache à modifier des phénomènes naturels ou artificiels afin de remettre en cause les frontières de nos perceptions et de nos connaissances. Jouant de l’anachronisme, il n’hésite pas à croiser les temporalités pour créer d’étranges situations entre passé, présent et futur. Il imagine ainsi une œuvre protéiforme, toujours à la limite entre la réalité et la fiction, le vrai et le faux.
Né en 1972 à Mulhouse, Laurent Grasso vit et travaille à Paris. Il s’est formé à la Cooper Union School de New York, à la Central Saint Martins School of Art de Londres, à l’École nationale des Beaux-Arts de Paris et au Fresnoy à Tourcoing. Il a été lauréat du prix Altadis en 2005 et du prix Marcel-Duchamp en 2008. Il a été résident de la Villa Médicis à Rome en 2004-2005.