Le colibri d'Afrique
Le colibri d’Afrique est le résultat d’un transfert sur voile et sur carton rehaussé de crayon et de fard. Des clous de ferronnerie, une boîte en bois et du plexiglas complètent les outils dont use Jean-Luc Verna pour créer cette apparition de colibri posé dans une main qu’il a suspendue contre un mur telle une Sainte Face. Le colibri d’Afrique n’est pas sans rappeler les saintes Agathe et Véronique que l’artiste a transférées sur des papiers anciens à partir de ses dessins. Le mouvement du crayon puis du transfert sur le carton et le voile permet un repli de la mémoire pour faire surgir le présent. Le dessin agit là comme une courroie de transmission. Jean-Luc Verna opère des reproductions et des déplacements sophistiqués : du papier, il passe au calque puis à la photocopie, le dessin originel y étant alors agrandi et sa précision dégradée. Cette photocopie est ensuite frottée au trichloréthylène pour être reportée sur un voile, puis reprise au crayon et au fard à paupières. En plaçant le spectateur dans l’intervalle entre le réel et sa représentation, Jean-Luc Verna témoigne d’un désir de maîtrise des apparences tout en instillant une référence au sacré, mettant ainsi son propre univers en abyme.
Notice rédigée par Manon Prévost-Van Dooren dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
Espace d’arts plastiques de Vénissieux, Vénissieux (France)
du 28 mai au 13 juil. 2005
Jean-Luc Verna
Né·e en 1966 à Nice, France
S’il considère le dessin comme la « colonne vertébrale » de son œuvre, Jean-Luc Verna se définit comme « polydisciplinaire » dans la mesure où il pratique aussi la performance, la danse, le chant, le théâtre, le cinéma, la photographie et la sculpture. C’est au travers de tous ces médiums qu’il met en scène son corps, entièrement tatoué et percé, dans de nombreux autoportraits. Il s’y présente glorieux ou misérable, jouissant ou en souffrance. Dans son travail, il convoque aussi bien la culture savante que populaire, puisant dans la mythologie grecque, l’iconographique chrétienne ou le panthéon pop rock. « Je mets La Belle au bois dormant et la Bible au même niveau dans la catégorie des contes de fées », affirme-t-il pour revendiquer le mélange des genres.
Né en 1966 à Nice (France), Jean-Luc Verna est diplômé de la Villa Arson de Nice. Il vit et travaille à Paris.