The Future's Rapture II (J.C. avril 2006)
Les œuvres de François-Xavier Courrèges résonnent entre elles en formant une trame qui tisse la dimension humaine de nos élans tout en s’écrivant au fil du temps et du processus créatif. L’aspect dilué de l’aquarelle dont l’artiste se sert ici fait écho à l’utilisation récurrente du ralenti dans ses vidéos. Ce parti pris esthétique confère à ses créations une dimension à la fois fantastique et poétique. The Future’s Rapture II (J.C. avril 2006) s’approche d’une réalité plus cinématographique à travers une vision tournée vers le futur qui exprime une attente et un désir. Le titre Future’s Rapture II est une référence religieuse qui évoque l’espérance des fidèles d’être emportés au paradis après la mort. Le format en diptyque de ces deux aquarelles sur papier encadrées permet de mettre en scène plusieurs émotions, entre projection personnelle et histoire collective. Le portrait sobre à la douce teinte verte et au regard perçant semble exprimer l’attente, l’attention, voire la tension dirigées vers cette rose délicate à l’aspect fantomatique qui paraît à sa portée, ployant vers son front délicat, sans cacher ni la beauté de ses pétales ni le danger de ses épines. La passion et ses souffrances sauront-elles se donner avant l’au-delà ?
Notice rédigée par Manon Prévost-Van Dooren dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 27 oct. au 09 déc. 2006
François-Xavier Courrèges
Né·e en 1974 à Paris, France
François-Xavier Courrèges explore les thématiques de la sensibilité, des sentiments et de la mémoire à travers différents médiums. Il met en avant les joies et les contraintes de l’amour afin de développer un art de l’intime tout en instillant un décalage. Il se positionne dans la fissure entre une société qui valorise le bonheur et la fidélité, et un système où même les démonstrations amoureuses relèvent d’une économie financière. Les symboles de l’enfance sont un langage qu’il utilise fréquemment afin de « restituer la dimension humaine de nos élans », pour reprendre ses propres termes. Il donne à voir une esthétique de l’émotion pour toucher le spectateur tout en délicatesse.