Euro-palette Standard
Cette palette en mélamine est la reproduction d’un outil populaire de la circulation de marchandises. Les milliards d’exemplaires existants sont ici reproduits sous la forme d’une seule unité présentée contre un mur, comme abandonnée après une livraison. En tant qu’emblème du transitoire et du transport faisant référence à la société mondialisée, Euro-palette Standard emprunte à deux mondes qui semblent ne pas communiquer bien qu’ils aient plusieurs caractéristiques en commun : le musée et le supermarché. Ce sont deux univers qui classent, nomment, catégorisent et font l’inventaire des objets. Ils partagent également des objectifs, par exemple faciliter les flux, rendre accessible, fidéliser un public. Mathieu Mercier interprète cette correspondance comme un défi que la marchandise lance à l’art. La palette perd ainsi sa valeur commerciale et d’usage, mais acquiert une nouvelle valeur d’échange. Il ne s’agit donc pas d’un ready-made qui serait une réponse de l’art à la marchandise, ni d’appropriation par l’art de ce qui lui est étranger. C’est au contraire le témoin d’un rapport serein aux objets qui produit un enrichissement mutuel, emblématique de la démarche de Mathieu Mercier.
Notice rédigée par Manon Prévost-Van Dooren dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 20 oct. 2009 au 09 janv. 2010
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, Paris (France)
du 21 oct. 2007 au 10 janv. 2008
Les œuvres de Mathieu Mercier interrogent la société sur son rapport aux objets. L’artiste encourage également un regard neuf sur la place du beau et de l’œuvre originale dans une vie quotidienne tournée vers la consommation de masse. Il revendique une recherche artistique menée sans aucune stratégie. C’est ainsi que le medium choisi (peinture, sculpture, installation) est rarement utilisé pour ses qualités propres, mais toujours au service d’une interrogation permanente. Mathieu Mercier s’efforce de retrouver un regard vierge pour chaque œuvre : il exige du spectateur qu’il passe par des interprétations multiples qui vont de références collectives jusqu’à une lecture personnelle, voire introspective.
Né en 1970 à Conflans-Sainte-Honorine (France), Mathieu Mercier a été diplômé de l’École nationale supérieure d’art de Bourges en 1994 et de l’Institut des hautes études en arts plastiques de Paris en 1995. Il vit et travaille à Paris.