Aviafluenza
Marquées par l’horizontalité, ces photographies intégrant des architectures industrielles et minimalistes en milieu naturel, sont caractéristiques du travail de Nicolas Moulin. Comme dans sa célèbre série Vider Paris, il plonge le spectateur dans des paysages familiers transformés pour leur conférer une dimension énigmatique et postapocalyptique. Par le bâtiment ou la pelouse parfaitement entretenue, la présence humaine est en effet encore sensible dans ce paysage désert. L’artiste explore ses thèmes de prédilection, tels que l’architecture utopique (également abordée dans son projet sur le Datchotel Ryugyong), la science-fiction ou les récits civilisationnels. Le spectateur en devient ainsi narrateur, à l’instar du héros du film Warmdewar découvrant un univers peuplé de vestiges d’un monde disparu. En outre, l’œuvre d’anticipation de Nicolas Moulin n’est pas sans faire écho au contexte postpandémique actuel et au dérèglement climatique.
Notice rédigée par Louise Glodt-Chauchoy dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Exposition
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
Nicolas Moulin
Né·e en 1970 à Paris, France
Nicolas Moulin privilégie l’art vidéo et la photographie pour créer des environnements déconcertants, vides de présence humaine et seulement peuplés par les ruines de constructions modernes volumineuses. Inspirés par les récits de science-fiction de J. G. Ballard et Philip K. Dick, ces mondes désolés semblent porter la mémoire d’une utopie déchue dans une esthétique proche du romantisme allemand. À l’aide de techniques simples telles que l’incrustation vidéo, l’artiste plonge le spectateur dans des paysages familiers mais difficilement identifiables où des architectures sans âge se dressent comme seuls vestiges de la fin des temps.
Né en 1970 à Paris (France), Nicolas Moulin vit et travaille aujourd’hui à Berlin (Allemagne).