APPOLO
« C’est mon Saint-Suaire à moi, mon mensonge à moi ! » affirme Jean-Luc Verna à propos de sa série de transferts sur tissu. En réalisant un dessin qu’il photocopie et décalque avec du maquillage sur un tissu qu’il fixe ensuite au mur avec de grands drapés, le plasticien revendique le caractère hautement spirituel de son travail. Le voile fait écho à celui de sainte Véronique qui porte l’empreinte miraculeuse du visage du Christ, mais l’œuvre de Jean-Luc Verna, qu’il définit comme une « sorte d’irrévérence appuyée à toutes ces choses religieuses », déjoue la symbolique biblique. Aucune iconographie religieuse ne subsiste ici : c’est à la mythologie gréco-romaine que l’artiste fait référence. Dessiné en grisaille à taille humaine comme une académie, le nu masculin représente Apollon ainsi que le suggère le titre. Alors qu’il inspire habituellement les poètes, le dieu solaire nous tourne ici le dos, prêt à quitter la scène. Le drapé du voile, évocation d’un rideau de théâtre, et les fards utilisés pour la couleur renforcent l’idée d’artifice de représentation.
Notice rédigée par Franny Tachon dans le cadre du partenariat entre l'école du Louvre et Lafayette Anticipations-Fonds de dotation Famille Moulin.
Expositions
La Galerie des Galeries, Paris (France)
du 01 oct. au 29 oct. 2005
Espace d’arts plastiques de Vénissieux, Vénissieux (France)
du 28 mai au 13 juil. 2005
Jean-Luc Verna
Né·e en 1966 à Nice, France
S’il considère le dessin comme la « colonne vertébrale » de son œuvre, Jean-Luc Verna se définit comme « polydisciplinaire » dans la mesure où il pratique aussi la performance, la danse, le chant, le théâtre, le cinéma, la photographie et la sculpture. C’est au travers de tous ces médiums qu’il met en scène son corps, entièrement tatoué et percé, dans de nombreux autoportraits. Il s’y présente glorieux ou misérable, jouissant ou en souffrance. Dans son travail, il convoque aussi bien la culture savante que populaire, puisant dans la mythologie grecque, l’iconographique chrétienne ou le panthéon pop rock. « Je mets La Belle au bois dormant et la Bible au même niveau dans la catégorie des contes de fées », affirme-t-il pour revendiquer le mélange des genres.
Né en 1966 à Nice (France), Jean-Luc Verna est diplômé de la Villa Arson de Nice. Il vit et travaille à Paris.