Tomoko Sauvage
Elle donne vie à l’inanimé en accordant l’eau et les récipients, les faisant vibrer et amplifiant leurs sons infimes, qui seraient autrement quasi inaudibles. Son travail s’articule autour de la matérialité tactile des objets vibrants, de l’écoute métaphorique et du recours au hasard comme méthode de composition.
Depuis deux décennies, elle se produit à l’international dans des institutions et lors de festivals tels que le Barbican Centre (Londres), le Palais de Tokyo (Paris), Maerz Musik (Berlin), le Musée d’art moderne (Paris), la Haus der Kunst (Munich), le festival Nyege Nyege (Ouganda) et le Wonder Cabinet (Palestine). Ses installations et ses œuvres vidéo ont été présentées à la Sharjah Art Foundation et au Portland Institute for Contemporary Art.
Sauvage a mis au point son instrument de musique original, les « Waterbowls », en s’inspirant dans un premier temps du jaltarang, instrument traditionnel du sud de l’Inde. Ses expérimentations de longue haleine, nourries par une recherche tactile sur les propriétés des matériaux, ont transformé des bols en porcelaine remplis d’eau en un instrument électroacoustique aquatique. Elle anime l’inanimé en accordant l’eau et les récipients, les faisant vibrer et amplifiant leurs sons infimes qui seraient autrement quasi inaudibles. Dans ses eaux amplifiées, Sauvage joue avec des gouttes d’eau et des vagues, de l’argile, des pierres, des coquillages et des objets en verre comme s’il s’agissait d’instruments idiophoniques ou membranophoniques, souvent en combinaison avec des bulles utilisées pour créer une sorte d’aérophones sous-marins. L’utilisation active par Sauvage du larsen acoustique, un phénomène généralement considéré comme gênant, l’a conduite à adopter une approche globale de l’architecture, de l’espace acoustique et de la présence de toutes les matières qui s’y trouvent.